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Discussions générales

Public·38 membres

Le jugement se retourne contre soi


Prendre parti, c’est souvent entrer dans le jeu de la dualité : le bien contre le mal, le juste contre l’injuste, nous contre eux.


Dès que nous prenons parti, nous ne nous contentons plus d’observer. Nous jugeons. Nous choisissons ce qui mérite notre approbation et ce qui mérite notre condamnation. Et, sans même nous en rendre compte, nous créons en nous une séparation.


Car le jugement que nous portons sur l’autre ne reste jamais entièrement dirigé vers l’extérieur. Il nourrit en nous la même structure mentale : celle qui condamne, exclut, résiste et combat. Nous devenons alors prisonniers de ce que nous prétendons combattre.


C’est ainsi que le conflit extérieur peut devenir un conflit intérieur.


À force de prendre position contre ce qui nous déplaît, nous maintenons notre attention sur ce que nous refusons. Nous lui donnons de l’énergie, nous le faisons entrer dans notre espace intérieur et nous permettons à cette opposition de continuer à nous affecter.


Le problème n’est donc pas de discerner. Le discernement peut être parfaitement lucide sans devenir un jugement.


Tu peux reconnaître une injustice sans haïr celui qui la commet.

Tu peux poser une limite sans condamner.

Tu peux désapprouver un acte sans rejeter l’être qui l’a posé.

Tu peux choisir une direction sans transformer l’autre en ennemi.


La liberté intérieure commence peut-être précisément là : lorsque tu n’as plus besoin de condamner ce que tu ne veux pas devenir.


Car ce que tu combats avec haine, tu risques de l’héberger en toi.

Et lorsque le jugement cesse, quelque chose se détend : tu n’as plus besoin de défendre une position contre une autre. Tu peux voir, discerner et agir sans perdre ton unité intérieure.


Ne pas prendre parti ne signifie pas être indifférent.

Cela signifie ne plus laisser la séparation décider à ta place.


Riad Zein


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