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Discussions générales

Public·44 membres

La souveraineté intérieure et le pardon

 

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, tant que nous fuyons ou combattons les ténèbres extérieures en leur opposant notre résistance, nous demeurons prisonniers de leur polarité. C'est en acceptant de les regarder en face, sans naïveté, mais aussi sans haine ni jugement, que nous pouvons discerner ce qui relève de la réalité des faits et ce qui appartient à nos propres projections. Cette lucidité ne relève pas du cynisme, mais constitue le fondement de la souveraineté intérieure : celle de l'être qui refuse de laisser la peur, la colère ou le ressentiment gouverner sa conscience.

 

C'est de cette liberté intérieure que peut naître le pardon véritable. Non pas un pardon moralisateur ou superficiel, qui chercherait à excuser les actes ou à en minimiser les conséquences, mais une profonde libération intérieure. Pardonner, c'est cesser de nourrir en soi la condamnation et reconnaître que toute manifestation contraire à l'amour procède d'une conscience encore voilée à sa véritable nature. En libérant autrui de l'emprise de notre jugement, nous nous libérons également de la nôtre. Le pardon ne change pas nécessairement ce qui a eu lieu, mais il transforme profondément notre rapport à ce qui a eu lieu.

 

C'est ainsi que la conscience se dégage peu à peu des mécanismes de séparation pour retrouver sa disposition naturelle : l'amour inconditionnel.

 

Riad Zein

 

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