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Discussions générales

Public·40 membres

La traversée de l'inconfort


Tu as peut-être appris, comme beaucoup, à fuir ce qui te dérange.

Une peur apparaît, et tu cherches à t’en éloigner. Une émotion monte, et tu trouves quelque chose pour ne pas la sentir. Une difficulté se présente, et tu la repousses à plus tard.


Sur le moment, cela soulage. Mais ce soulagement a un prix : ce que tu évites reste là. Et plus tu cherches à ne pas le sentir, plus tu lui donnes de place.


La peur semble grandir lorsque tu lui résistes. La honte devient plus lourde lorsque tu cherches à la cacher. L’inquiétude s’installe davantage lorsque tu veux absolument la contrôler.


Non pas parce que ces émotions ont un véritable pouvoir sur toi, mais parce que ta lutte leur donne toute ton attention.


Puis vient parfois un moment où tu cesses simplement de fuir.

La peur est là. Et toi aussi.


Tu respires. Tu n’as rien à régler, rien à comprendre immédiatement, rien à chasser. Tu peux simplement rester avec ce qui est là, sans chercher à le faire disparaître.

Et quelque chose change.


L’inconfort n’est plus un ennemi. Il devient une sensation que tu peux laisser traverser. Une vague monte, atteint son sommet, puis redescend.


Dans l’espace où tu ne résistes plus, tu découvres une chose essentielle : la Présence était déjà là. Elle n’avait jamais eu besoin de combattre la peur.


Les petits pas


Il n’est pas nécessaire de tout affronter d’un seul coup.

Commence simplement par faire aujourd’hui un peu de ce que tu évitais hier. Reste quelques instants de plus. Dis ce que tu as à dire. Commence cette tâche que tu repousses. Entre dans le silence. Sens ce qui se passe en toi sans chercher immédiatement à t’en détourner.


Chaque fois que tu restes là, quelque chose s’ouvre.

Tu découvres que tu peux traverser ce que tu pensais devoir fuir. Peu à peu, la peur perd de son autorité.

Tu n’as pas vaincu l’inconfort. Tu as simplement cessé de lui donner ta fuite.


Et lorsque la résistance s’apaise, il reste quelque chose de très simple : être là.


Sans lutter. Sans retenir. Sans chercher à devenir quelqu’un d’autre.


Alors peut-être découvres-tu que l’inconfort n’était pas un obstacle, mais une porte.


Et derrière cette porte, il n’y avait rien à conquérir.

Seulement la Présence.


Seulement l’Amour.


Seulement cette paix qui était déjà là, bien avant que tu commences à fuir.


Riad Zein

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