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Sortir de la transe : retrouver le monde derrière son voile


Il existe un moment, discret mais décisif, où la conscience se retourne. Un moment où l’on réalise que ce que l’on prenait pour le monde n’était qu’un voile, une mise en scène, une pièce jouée trop longtemps. Sortir de la transe, c’est précisément cela : cesser de confondre la réalité avec l’enchantement qui la recouvrait.

Pendant des années, peut-être des vies, nous avons pris l’illusion pour la structure même du réel. Non pas parce qu’elle mentait, mais parce qu’elle se répétait. Une illusion n’a pas besoin d’être fausse pour nous hypnotiser ; il lui suffit d’être familière. Elle devient alors un décor, une habitude perceptive, une manière de voir qui finit par remplacer ce qui est vu.


🜂 La survie : un rêve étroit


Dans cet état, nous avons appelé « survie » ce qui n’était qu’un rêve étroit. Une existence contractée autour de la peur, de la vigilance, de la gestion du manque. La survie n’est pas la vie : c’est la vie réduite à son minimum, filtrée par l’inquiétude. Et lorsque la peur se retire, même légèrement, quelque chose s’élargit. La vie commence. Non pas une vie nouvelle, mais la vie qui était là depuis toujours, enfin dégagée de son étau.


🌬️ L’éveil enlève, il n’ajoute pas


Contrairement à ce que l’on imagine, l’éveil n’est pas une acquisition. Il n’apporte rien. Il enlève. Il dissout ce qui obscurait, ce qui encombrait, ce qui déformait. Il retire les couches de mental, les récits, les projections, les anticipations. Il ne donne pas un monde nouveau : il révèle le monde tel qu’il est, sans le commentaire qui le dénature.


🔓 La liberté : absence d’enchantement


La liberté n’est pas un état futur, un horizon à atteindre, une récompense après l’effort. Elle est l’absence de l’ancien sortilège. Elle apparaît lorsque l’on cesse d’être possédé par les images mentales, les peurs héritées, les scénarios automatiques. La liberté n’est pas un mouvement : c’est un dégagement. Une respiration retrouvée.


🌿 La réalité redevient présence


Quand la conscience se dégage, la réalité cesse d’être un décor. Elle redevient une présence. Non plus un objet à manipuler, à interpréter, à craindre, mais une ouverture vivante. Le monde n’est plus un théâtre : il est une rencontre. Une immédiateté. Une densité simple.


Dans cet espace, la joie n’est plus un but à atteindre. Elle devient le climat naturel d’une conscience désenvoûtée. Une joie sans cause, sans objet, sans justification. Une joie qui naît du contact direct avec ce qui est.


✨ Se souvenir des étoiles


Sortir de la transe, c’est aussi se souvenir. Non pas d’un passé, mais d’une origine. On ne rejoint pas les étoiles : on se souvient qu’on en vient. Cette mémoire n’est pas cosmologique ; elle est intérieure. Elle dit que la conscience n’est pas confinée à la forme qu’elle habite. Elle est plus vaste, plus ancienne, plus libre que ce qu’elle croyait.


🌌 La transformation : un désenvoûtement


La transformation n’est pas un changement. Elle n’ajoute pas une nouvelle version de soi. Elle est une sortie du sortilège. Une désidentification progressive de tout ce qui nous hypnotisait : les peurs, les rôles, les récits, les attentes. Ce qui s’ouvre alors n’est pas un avenir, mais un espace intérieur enfin disponible.

Un espace où la vie peut se déployer sans être filtrée. Un espace où la présence devient le centre. Un espace où l’on cesse de rêver le monde pour enfin le vivre.


Riad Zein

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