Quand le devoir remplace la joie

Il arrive que certaines choses soient faites parce que nous croyons devoir les faire. Pourtant, avant même que le geste commence, quelque chose en nous s’est déjà retiré. Le corps avance, mais le cœur n’y est plus.
Lorsque l’obligation devient le moteur de nos actions, l’énergie se ferme peu à peu. Nous continuons à donner, aider, servir, mais sans cet élan silencieux qui donne au geste sa lumière. Ce qui devait être un don devient alors un effort, puis une charge.
Car l’amour ne se reconnaît pas à ce que nous faisons, mais à l’état intérieur depuis lequel nous le faisons.
Un même geste peut naître de la peur, de la culpabilité ou du besoin d’être reconnu. Il peut aussi surgir d’un mouvement profond, sans calcul, sans attente, sans devoir. Dans un cas, nous nous épuisons. Dans l’autre, quelque chose circule librement à travers nous.
La joie véritable n’est pas une excitation. Elle est une paix qui dit oui.
Elle apparaît lorsque nous cessons de répondre aux attentes des autres pour revenir à cette voix silencieuse qui, au fond de nous, sait déjà. Elle ne cherche pas à convaincre ni à se justifier. Elle est simplement là.
Parfois, elle nous invite à agir. Parfois, à nous retirer.
Savoir ne pas agir lorsque l’élan n’est pas présent est aussi une forme d’amour. Nous n’avons pas à nous sacrifier pour prouver notre bonté, ni à porter ce qui ne nous appartient pas. Respecter cet espace intérieur permet à l’énergie de retrouver naturellement son chemin.
Alors, le geste change de nature. Nous ne faisons plus pour être quelqu’un. Nous faisons parce que quelque chose en nous est libre de s’exprimer.
Dans cette liberté, le devoir perd son pouvoir. Il reste la présence, l’évidence et la joie tranquille d’être là où la vie nous appelle.
Car ce qui est véritablement donné ne pèse jamais.
Quand le cœur dit oui, l’action devient offrande.
Riad Zein
