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Un Cours d'Amour

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L’amour, fondement invisible de notre être

 

Nous passons souvent notre vie à chercher l’amour comme s’il s’agissait de quelque chose d’extérieur à nous, d’une réalité que nous pourrions acquérir, perdre ou retrouver. Pourtant, l’amour n’est pas seulement une expérience émotionnelle parmi d’autres. Il est bien plus profond. Il constitue la condition même de notre existence.

 

Dans notre vie physique, nous savons que le cœur doit battre pour que le corps demeure vivant. La plupart du temps, nous n’y pensons même pas. Nous poursuivons nos activités, absorbés par nos préoccupations quotidiennes, sans prêter attention à ce mouvement incessant qui soutient chaque instant de notre existence. Pourtant, si ce battement venait à s’arrêter, tout ce que nous appelons notre vie disparaîtrait aussitôt.

 

Il en est de même pour l’amour au niveau de l’être. L’amour est ce qui permet au Soi véritable d’exister et de se manifester. Il est le souffle silencieux de notre réalité profonde, la force invisible qui soutient notre conscience à chaque instant. Sans lui, rien de ce que nous sommes réellement ne pourrait être.

 

Cependant, parce qu’il est constamment présent, nous finissons par ne plus le remarquer. Nous croyons souvent que l’amour apparaît puis disparaît selon les circonstances, les rencontres ou les événements de notre vie. Nous l’associons à certaines émotions particulières, à des moments de bonheur ou à des relations privilégiées. Mais ce que nous percevons ainsi n’est souvent qu’une expression partielle de quelque chose de beaucoup plus fondamental.

 

L’amour véritable ne dépend pas des circonstances. Il ne naît pas lorsque les conditions sont favorables et ne s’éteint pas lorsque celles-ci changent. Il est déjà là, avant toute expérience et au-delà de toutes les fluctuations de notre vie intérieure. Sa présence est aussi constante que le battement du cœur.

 

Un bébé ignore totalement que son cœur travaille pour lui jour et nuit. Son absence de conscience n’empêche pourtant pas son organisme de vivre. De la même manière, nous pouvons ignorer la présence de l’amour qui soutient notre être sans que celui-ci cesse pour autant d’agir. Notre méconnaissance de cette réalité n’enlève rien à son existence.

 

L’oubli de l’amour crée cependant une illusion : celle de la séparation. Lorsque nous perdons de vue cette source intérieure, nous commençons à nous percevoir comme des êtres isolés, vulnérables et incomplets. Nous cherchons alors à l’extérieur ce qui est déjà présent au plus profond de nous-mêmes. Nous poursuivons des objets, des réussites, des reconnaissances ou des relations dans l’espoir de combler un manque qui n’a jamais réellement existé.

 

Retrouver la conscience de l’amour ne consiste donc pas à produire quelque chose de nouveau. Il ne s’agit pas de fabriquer une qualité qui serait absente de notre être. Il s’agit plutôt de reconnaître ce qui est déjà là, silencieusement présent depuis toujours. Comme celui qui découvre soudain le rythme de son propre cœur, nous pouvons prendre conscience de cette présence discrète qui soutient chacun de nos instants.

À mesure que cette reconnaissance grandit, la peur perd de son emprise. Le sentiment de séparation s’atténue. Une confiance naturelle apparaît, non parce que le monde extérieur devient plus prévisible, mais parce que nous commençons à percevoir le fondement même de notre existence. Nous découvrons que notre réalité la plus profonde repose sur une force qui ne nous a jamais quittés.

 

L’amour n’est donc pas seulement une vertu ou un idéal spirituel. Il est la substance même de notre être. Nous ne vivons pas grâce à lui comme quelque chose de distinct de nous ; nous existons en lui. Tout comme le cœur bat au centre de notre vie biologique, l’amour demeure au centre de notre vie véritable. Qu’on en soit conscient ou non, il est là. Il a toujours été là. Et c’est parce qu’il est là que nous sommes.

 

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