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Accueillir ce que nous traversons

  • 20 févr.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 21 févr.


 

Dissoudre les barrières, retrouver le cours vivant de l’existence

 

Nous passons une grande partie de notre vie à résister. Résister à ce qui nous dérange, à ce qui nous surprend, à ce qui nous fait mal. Résister à ce qui ne correspond pas à nos attentes. Cette résistance, souvent invisible, se manifeste sous forme de tensions physiques, de crispations émotionnelles, de pensées qui tournent en boucle. Elle crée une distance entre nous et l’expérience immédiate, comme si nous vivions derrière une vitre opaque.

 

Pourtant, un geste simple — mais profondément transformateur — peut tout changer : accueillir ce que nous traversons.

 

L’accueil comme dissolution des barrières

 

Accueillir ne signifie pas se résigner ni approuver ce qui nous arrive. C’est reconnaître ce qui est déjà là, sans lutte supplémentaire. C’est cesser d’ajouter de la tension à la tension, de la peur à la douleur, du jugement à l’imprévu.

 

Lorsque nous accueillons une douleur physique, nous cessons de la contracter davantage. Lorsque nous accueillons une émotion, nous lui offrons l’espace qu’elle réclame pour se déployer puis se transformer. Lorsque nous accueillons un imprévu, nous retrouvons la souplesse nécessaire pour nous ajuster.

 

Dans cet acte d’ouverture, les barrières intérieures se relâchent. Les défenses qui nous freinaient — souvent construites par habitude ou par peur — se dissolvent naturellement. Ce n’est pas un effort, mais un relâchement de l’effort.

 

L’acceptation comme antidote à la peur

 

La peur naît souvent de la tentative de contrôler ce qui échappe à notre contrôle. Elle se nourrit de la lutte, de la projection, de l’anticipation. L’acceptation, elle, ramène notre attention au présent, là où la vie est réellement vécue.

 

En accueillant ce qui se présente, nous découvrons que la peur n’a plus de prise.Elle perd son carburant. Elle se dégonfle comme une voile sans vent.

 

Ce n’est pas que la situation change immédiatement, mais notre rapport à elle se transforme. Nous cessons d’être en opposition avec la réalité. Et cette réconciliation intérieure ouvre un espace de calme, de lucidité, de présence.

 

Se reconnecter au cours de l’existence

 

Accueillir, c’est revenir dans le flux. C’est retrouver la sensation d’être porté plutôt que de lutter contre le courant.

 

Lorsque nous cessons de résister, la vie redevient fluide. Les émotions circulent. Les pensées s’apaisent. Le corps respire plus librement.

 

Nous nous reconnectons alors à quelque chose de plus vaste que nos réactions immédiates : le mouvement naturel de l’existence, qui nous traverse et nous guide. Dans cette connexion retrouvée, nous percevons à nouveau la simplicité d’être, la clarté des choix, la justesse des gestes.

 

Un chemin de douceur et de vérité

 

Accueillir ce que nous traversons n’est pas une technique, mais une posture intérieure. Une manière de dire oui à la vie, même lorsqu’elle se présente sous une forme inattendue.

C’est un chemin de douceur, parce qu’il ne demande pas de forcer quoi que ce soit. C’est un chemin de vérité, parce qu’il nous ramène à ce qui est, sans masque ni fuite. C’est un chemin de liberté, parce qu’il dissout les barrières que nous avions nous-mêmes érigées.

 

Et c’est, peut-être, l’un des gestes les plus simples et les plus puissants que nous puissions offrir à notre propre existence.

 

Riad Zein

 

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