Affirmer l'Amour

Tous les problèmes physiques, être gros, maigre, jugé beau ou laid, handicapé, malade, ou toute autre condition, peuvent être compris comme des manifestations de mémoires ou de croyances. Le but n'est pas de les corriger ni de les guérir à tout prix, mais de s'en détacher. Ce détachement ne consiste ni à les nier, ni à les combattre, ni à les rejeter. Il consiste à ne plus leur donner le pouvoir de définir ce que tu es. Tu peux alors les laisser s'exprimer comme elles l'entendent, tout en les accueillant avec amour.
Accueillir ce qui est ne signifie pas renoncer à se soigner ni refuser l'aide qui se présente. Cela signifie simplement ne plus faire de la guérison la condition de ta paix intérieure. Tu peux consulter un médecin, suivre un traitement ou recevoir un accompagnement sans perdre ce détachement. La différence ne réside pas dans les actes, mais dans l'état de conscience à partir duquel ils sont posés. La peur cherche à réparer ce qu'elle croit brisé ; l'amour prend soin de ce qui est déjà entier dans son essence.
Chaque fois que tu cherches à corriger un problème parce que tu le considères comme un obstacle à ton bonheur ou à ta valeur, tu renforces ton attachement à cette forme. Tu affirmes implicitement qu'elle possède un pouvoir sur toi. Tant que tu cherches à contrôler ce que tu refuses d'accueillir, tu demeures lié à ce que tu combats.
Tout ce que tu affirmes comme étant toi renforce ton sentiment d'identité. Si tu t'identifies à une mémoire, à un rôle, à un corps ou à une histoire, tu en fais ton expérience. À l'inverse, lorsque tu cesses progressivement de t'identifier à ces formes, le Soi peut se révéler. Tant que le mental domine, il a cependant besoin d'affirmations pour réorienter son regard vers cette vérité.
L'affirmation appartient au domaine des concepts ; l'identité véritable relève du ressenti. Elle ne se pense pas : elle se reconnaît comme une paix silencieuse, stable et indicible.
Lorsque tu dis à quelqu'un : « Je t'aime », tu ne crées pas l'amour. Tu lui rappelles simplement ce qu'il est déjà, au-delà de ses peurs et de ses croyances. De la même manière, lorsque tu dis à une émotion, à une mémoire ou à une souffrance : « Je t'aime », tu ne cherches pas à la transformer. Tu lui rappelles qu'elle est déjà accueillie dans un amour qui ne dépend d'aucune condition. Cette affirmation n'est pas destinée à produire un changement ; elle ouvre un espace où cesse la résistance.
Continue d'affirmer ton amour à toutes les mémoires qui se présentent, non pour les faire disparaître, mais jusqu'à ce qu'elles se rappellent leur véritable nature. Elles reconnaissent alors qu'elles ne sont pas séparées de toi, mais qu'elles participent de la même conscience. C'est cela, l'intégration : non pas éliminer une partie de soi, mais lui permettre de retrouver son unité avec le tout.
Ces mémoires semblent être en toi tout en se projetant dans le monde extérieur. En réalité, cette séparation n'est qu'une apparence créée par le mental. Qu'elles prennent la forme d'une pensée, d'une émotion, d'un symptôme, d'une personne ou d'une situation, accueille-les avec le même amour. Ce qui est pleinement accueilli cesse d'être vécu comme séparé et retrouve naturellement sa place dans l'unité.



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