L’union qui libère
- Riad Zein
- 15 août 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 2 jours
Il existe des unions qui ressemblent à des hivers prolongés : froides, fragiles, fragilisantes. Elles naissent souvent de la peur de se retrouver seul, et se nourrissent de sacrifices silencieux, comme si renoncer à soi était la preuve ultime d’aimer. Mais cet amour-là se fatigue vite, car il avance en s’appuyant sur la peur, et la peur ne sait pas porter longtemps.
Pourtant, derrière ce voile sombre, un autre chemin se dessine. L’être humain n’est pas condamné à aimer dans la crainte ni à maintenir ses liens par la douleur. En chacun se cache une source claire, capable d’irriguer la relation d’une eau vive faite de confiance et de respect. Cette source jaillit lorsque l’on cesse de chercher chez l’autre le remède à nos manques, et que l’on commence à le voir comme un compagnon de route, libre et entier.
Alors, la culpabilité cesse d’être un fardeau que l’on se lance l’un à l’autre comme une pierre. Elle se dissout dans la compréhension mutuelle, dans cette étrange alchimie où le pardon ne signifie pas excuser, mais libérer. Les gestes cessent d’être interprétés comme des attaques ; ils deviennent des invitations à se rejoindre.
Une telle union n’exige pas de sacrifice de l’essentiel. Elle ne connaît pas la comptabilité des renoncements, mais se nourrit de l’abondance de l’être. Elle est semblable à un jardin partagé : chacun y plante ses fleurs, chacun y cueille la beauté, et nul n’y vient pour réclamer la pluie ou le soleil à l’autre, car les deux savent que le ciel est déjà ouvert.
Aimer ainsi, c’est marcher côte à côte sans chaînes, le regard tourné vers l’horizon plutôt que vers ses propres peurs. C’est savoir que la relation est un espace vivant, toujours en mouvement, qui grandit de la lumière que chacun ose y apporter.
Riad Zein



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