L’Unité Derrière le Visible
- Riad Zein
- 27 oct. 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 29 déc. 2025
Retrouver la vie, c’est dissoudre l’illusion que le visible détient la vérité. Tant que notre regard s’accroche aux formes, aux couleurs, aux contours du monde, il demeure prisonnier d’un théâtre d’ombres. L’œil capte des images, mais la conscience, elle, sommeille derrière le rideau des apparences. Ce que nous nommons « réalité » n’est souvent qu’un écho lointain, une projection, une interprétation filtrée par nos croyances, nos peurs et nos désirs.
Croire à ce que nous voyons, mène à confondre le reflet avec la source, le masque avec l'essence. Cette attitude nous fait errer dans un rêve tissé de jugements et d’attachements, où chaque chose paraît séparée, chaque être isolé, chaque événement figé. Pourtant, ce rêve peut se dissiper. Il suffit d’un basculement du regard — non pas vers l’extérieur, mais au plus profond de nous-mêmes.
Lorsque nous cessons de donner crédit à ce que nous voyons, un espace s’ouvre, immense et silencieux. Il n’est pas un vide, mais une plénitude sans forme ni limite. La solidité apparente devient vibration pure, la distance une intimité vibrante. Le monde cesse d’être un objet à maîtriser ; il se mue en miroir vivant, en partenaire de danse dans le grand mouvement de l’être.
Dès lors, la vie ne se cherche plus dans les possessions, les projets ou les conquêtes. Elle se révèle dans l’instant brut, dans le souffle, dans le battement essentiel du cœur. La vie n’est pas à atteindre, elle est à reconnaître. Elle n’est pas ailleurs, elle est ici, voilée par nos interprétations, mais toujours présente, toujours offerte.
Voir sans croire, voilà regarder avec le cœur ouvert, sans attente ni défense. C'est accueillir le mystère sans chercher à le réduire, à le nommer. Vivre ainsi, c'est vivre sans voile, dans la nudité de l’instant, là où la conscience s’éveille et où l’être se souvient qu’il est la vie elle-même.
Riad Zein



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