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La Conscience et le Personnage

29 sept.
2 min de lecture

  

Tu es la Conscience, une et indivisible. Ce que tu appelles ta personnalité n’est qu’un assemblage de parcelles déformées de cette Conscience, déformées parce que tu t’es identifié à une idée de séparation, à une posture imaginaire qui n’a aucune existence dans la Réalité. En croyant à cette séparation, tu t’es attaché à une illusion et tu as réagi à elle comme si elle était absolue. Tu as ainsi évolué dans une réalité parallèle, persuadé d’être dans le vrai, convaincu d’avoir raison, parce que chaque fragment de conscience défendait sa propre logique. 

 

Pourtant, derrière ces fragments, la Conscience demeure une. La clarté revient lorsque tu reconnais que tu n’es aucune de ces parcelles altérées, mais la Conscience elle-même au sein de laquelle elles apparaissent. 

 

Une émotion peut être réelle dans ton expérience sans pour autant te connecter à la Réalité. Elle traduit ton interprétation de ce qui est, mais ne révèle pas ce qui est. Le sentiment neutre, non polarisé, ne prend aucun parti : il ne juge pas, ne résiste pas, ne cherche pas à modifier l'expérience. Il laisse simplement la Réalité se dévoiler. Dans cette neutralité, le corps cesse de lutter et retrouve naturellement son espace, sa circulation et sa lumière. 

 

Les émotions polarisées, qu’elles soient agréables ou douloureuses, naissent d’une interprétation. Elles répondent à des croyances, des attentes, des peurs ou des désirs. Si elles semblent parfois nous rapprocher du réel, elles nous ramènent le plus souvent au récit qu’en fait le mental. La neutralité, elle, ne déforme rien. Elle ne cherche ni à retenir ce qui plaît, ni à repousser ce qui dérange. Elle est pure présence.

  

Toute réaction altère ton état d’être, et c’est depuis cet état que tu rencontres le monde. Lorsque tu réagis à une interprétation, tu pénètres dans sa réalité. Lorsque tu demeures présent sans t’identifier à ce qui traverse ton esprit, tu reviens à la Conscience.

  

Si tu désires vivre l’amour, la joie et l’harmonie, ne cherche pas à les fabriquer. Ne poursuis ni le bonheur ni la joie. Accueille simplement ce qui est là, sans intention de le transformer. Intègre ton état d’être au lieu de vouloir le corriger. Laisse-le être vu, ressenti et offert à la Conscience.

 

 Alors, un apaisement survient. Tu n’as plus besoin de façonner une autre réalité ; tu cesses seulement de défendre celle que ton mental avait imaginée. Dans cet abandon, tu découvres que la vie entière était déjà là, disponible, silencieuse et vivante. Elle te restait invisible parce que tu cherchais ailleurs ce qui n’a jamais cessé d'être présent.

  

La Conscience n’a rien à atteindre ni à devenir. Elle est déjà là, avant toute interprétation, avant toute séparation, avant même l’idée d’un « moi » qui chercherait à retrouver l’Unité. 

  

Tu es la Conscience, une et indivisible. Et pourtant, dans l’expérience humaine, cette Conscience se reconnaît à travers un personnage conscient. Tu es tout à la fois la Conscience et le véhicule par lequel elle fait l’expérience du vivant. Le personnage n’est donc pas l’ennemi de la Conscience, ni une illusion dont il faudrait se débarrasser : il en est l'expression directe.




 

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