Le clown
- 12 août
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Tant que ton attention reste dirigée vers le mental au lieu de revenir dans le cœur et le ressenti, tu demeures dans le monde des idées : un monde sans vie, où tu t’étouffes peu à peu. Tu vis dans le faux-semblant, comme ce clown triste qui s’efforce de faire rire les autres alors qu’il porte en lui sa propre souffrance.
Le mur que tu as érigé entre toi et la Vie s’appelle l’ego. Il n’est rien de plus qu’une idée : une idée que tu as développée, nourrie et répétée jusqu’à ce qu’elle devienne un monde. Ton monde. Un monde limité par des barreaux invisibles, semblables à ceux d’une prison, que tu finis par prendre pour la réalité.
Cette idée est celle de la séparation : croire que tu es distinct du Tout, que tu n’en fais pas véritablement partie. Dès lors, tout ce qui n’est pas « toi » devient étranger et peut sembler menaçant.
De cette idée est née la peur et, avec elle, le besoin de te protéger.
Le meilleur moyen de te protéger t’a alors semblé être de te cacher. Tu as créé des masques, des comportements, des stratégies destinés à tromper ceux que tu percevais comme des « prédateurs ».
Mais les prédateurs que tu rencontres dans ton monde, qu’ils soient humains ou animaux, ne sont pas nécessairement ce que ton ego te dit qu’ils sont. Ils deviennent, dans ton expérience, le reflet de la perception engendrée par cette idée de séparation.
Tu as simplement oublié que l’ego n’est qu’une idée.
Tu l’as tellement prise au sérieux qu’elle te paraît désormais réelle. Et la peur, en captant ton attention, entretient cette illusion et t’empêche de voir ce qui se trouve derrière elle.
Tu es alors enfermé dans un cercle : l’idée de séparation fait naître la peur, puis la peur renforce cette même idée.
Ne lutte donc pas contre la peur. Tu ne ferais que lui donner davantage de réalité.
Permets-lui d’être là. Accueille-la. Reconnais simplement :
« J’ai peur. »
Ne cherche pas à la supprimer, à la comprendre ou à la vaincre. Ressens-la, sans lui ajouter d’histoire.
Lorsque tu cesses de la combattre, tu découvres qu’elle n’a pas le pouvoir que tu lui avais donné.
Et lorsqu’elle cesse de gouverner ton attention, quelque chose s’ouvre en toi.
Tu retrouves alors la liberté de regarder cette ancienne idée de séparation sans être obligé de la croire.
Tu peux enfin choisir autrement.



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