Le dernier souffle de l'ego
- Riad Zein
- 12 sept. 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 8 janv.
Tout projet né de l'ego te plonge davantage dans le monde dense et illusoire. Il découle d’un désir de survie, d’une lutte contre la mort. Tu cherches l’immortalité tout en te dirigeant vers la fin. Pour te libérer de ce cycle insensé, il te faut défier la mort elle-même, non par la fuite, mais en l'accueillant pleinement.
Tu ignores souvent à quel point tu luttes chaque jour contre la mort. Toute peur agit comme une alarme, signalant l’anéantissement possible de ton essence, de ton âme. Pour apaiser cette peur, tu crées des désirs que tu prends ensuite pour des besoins vitaux. Tu adoptes alors la vision de vie de l’ego : une philosophie de séparation, d’isolement et d’hostilité. Tant que tu restes identifié à ce personnage, tu continueras à façonner ta réalité à partir de cette perspective limitée.
Ces désirs donnent naissance à toutes sortes de rêves et de fantasmes, qui finissent par devenir le but central de ta vie, te faisant oublier le véritable sens de ton existence et la raison profonde de ta venue sur Terre. Tu avances sur ce chemin par réactivité émotionnelle, toujours à défendre tes idées, à justifier tes actes et à protéger ta philosophie. Cela reflète un manque de certitude qui engendre un déficit de confiance en toi, renforçant encore ta peur. Ce mode de vie peut alors se transformer en un cercle vicieux, s’aggravant avec le temps et générant une multitude de problèmes : addictions, maladies graves, troubles psychologiques et même une tendance à l’autodestruction.
Tes rêves, qu’ils soient diurnes ou nocturnes, poursuivent un seul objectif : te proposer des échappatoires face à la mort inévitable. Ils te plongent dans des situations où tu peux trouver un semblant de paix, comblant tes désirs de compensation. La mort n’existe que dans une philosophie fondée sur le manque, et tenter de compenser ce manque ne fait que renforcer l’illusion de la fin de vie.
La tentative de survie de l’ego conduit paradoxalement à l’anéantissement. En te détachant de ses idées, tu te détaches de lui : il pourra alors penser ce qu’il veut sans chercher à se défendre contre toi et finira par s’apaiser jusqu’à disparaître complètement. Construit à partir de ces idées, l’ego s’efface lorsque tu cesses de les nourrir, emportant avec lui toutes les formes qui les représentaient, ainsi que tout ce qu’il engendre.
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