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Le Triangle de Karpman dans le Soi (Ho'oponopono)


 

L’Ho’oponopono, ancienne sagesse hawaïenne de réconciliation et de guérison, est souvent réduite à la simple répétition des quatre phrases :

« Désolé, Pardon, Merci. Je t’aime. »

 

Mais sa pratique la plus profonde repose sur l’harmonisation des trois parties du Soi, ces trois consciences intérieures que nous portons.

En les observant à travers le Triangle Dramatique de Karpman – modèle psychologique décrivant les rôles de Victime, Persécuteur et Sauveur – on découvre comment notre propre psyché peut entretenir un drame intérieur, et comment l’Ho’oponopono permet d’en sortir.

  

Les Trois Sois de la tradition Huna

 

La philosophie Huna, à la base de l’Ho’oponopono moderne, distingue trois aspects de la conscience humaine, chacun ayant sa fonction spécifique :

 

  1. Unihipili (L’Enfant intérieur, Subconscient)


    Siège des émotions, des mémoires passées et de l’énergie vitale.

    Il est le gardien silencieux de nos schémas et de nos blessures anciennes.

 

  1. Uhane (La Mère, Conscient)


    L’intellect, la raison, la part de nous qui pense, juge et choisit d’initier le processus de nettoyage.

  

  1. Aumakua (Le Père, Supra-conscient)


    La dimension spirituelle, la connexion directe à la Source Divine, à l’Intelligence supérieure.

    C’est le canal par lequel la transmutation devient possible.

 

 Le Triangle de Karpman transposé en Soi

Lorsque les mémoires erronées ne sont pas nettoyées, un conflit s’installe entre l’Unihipili et l’Uhane. L'Aumakua demeure alors la seule voie de sortie. Le triangle de Karpman se rejoue à l’intérieur :

 

🔹 1. Unihipili : la Victime intérieure

Gardien des blessures passées, l’Unihipili adopte le rôle de Victime. Il se sent impuissant, incompris, mal aimé, prisonnier des données anciennes : traumatismes, peurs, croyances limitantes.

« Je souffre. Je ne suis pas assez bien. Je n’ai pas les ressources pour changer. »

Ses réactions émotionnelles découlent du passé : il subit sa propre mémoire.

 

🔹 2. Uhane : le Persécuteur intérieur

Face à la détresse de l’Unihipili, l’Uhane (le mental conscient) réagit souvent par le contrôle et la critique. Il devient le Persécuteur.

« Pourquoi as-tu fait ça ? Tu n’aurais pas dû dire ça. »

Il juge, blâme et cherche à dominer l’émotion au lieu de l’écouter. Le discours intérieur devient sévère :

« C’est de ta faute si tu souffres. Tu es stupide. Tu aurais pu faire mieux. »

Ainsi, l’Uhane tente d’éteindre la douleur… mais ne fait que la renforcer.

 

🔹 3. Aumakua : le Sauveur transcendant

Dans ce théâtre intérieur, l’Aumakua est le seul à pouvoir transmuter les mémoires. C’est à lui que l’Uhane adresse sa prière par le mantra d’Ho’oponopono.

 

L’Aumakua ne sauve pas pour être indispensable. Il ne nourrit aucune dépendance. Il agit simplement comme un canal de l’Amour Divin, rétablissant la justesse (Pono) entre les trois aspects du Soi.

 

Là où le Sauveur de Karpman entretient le drame, l'Aumakua dissout les mémoires et restaure la paix.

 

Sortir du Triangle : la Responsabilité et le Pardon

Le cœur de l’Ho’oponopono est d’interrompre cette boucle dramatique pour retrouver la responsabilité totale et l’alignement intérieur.

 

1. La Responsabilité Totale

L’Uhane accepte :

« Je suis responsable de tout ce qui se manifeste dans ma réalité, car tout est projection de mes mémoires. »

 

Cette reconnaissance sort le Conscient du rôle de Persécuteur et libère l’Enfant intérieur du rôle de Victime. Il n’y a plus de faute, seulement des mémoires à purifier.

 

2. Le Réalignement par le Mantra


Les quatre phrases d’Ho’oponopono deviennent alors un pont entre les trois Sois :

  • « Désolé » / « Pardon » :


    L’Uhane s’adresse à l’Unihipili et à l’Aumakua, reconnaissant la mémoire erronée.

  • « Merci » :


    Expression de gratitude envers l’Aumakua et le Divin pour l’opportunité de guérison.

  • « Je t’aime » :


    L’énergie d’amour la plus pure, adressée à l’Enfant intérieur pour l’apaiser,

    et au Divin pour activer la transmutation.


Par ce processus, l'Uhane retrouve son rôle d’initiateur bienveillant, l’Unihipili est libéré de sa charge émotionnelle, et l’Aumakua restaure l’état de grâce – Pono, la justesse parfaite du cœur.

 

🌺 Vers l’Unité du Soi

Lorsque ces trois aspects cessent de s’opposer, ils s’unissent dans une même respiration. Le triangle du drame se transforme en cercle d’harmonie.

 

Alors, il n’y a plus de victime, ni de bourreau, ni de sauveur —seulement le Soi réconcilié, où chaque part de nous est reconnue, aimée et libérée.


Riad Zein

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