Pourquoi l’ego a peur de l’abandon
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L’ego porte en lui la mémoire d’un exil ancien. Il se croit séparé de la Source, et cette illusion engendre une peur si profonde qu’elle traverse toutes ses formes : la peur d’être laissé, oublié, dissous. Ce n’est pas une peur humaine : c’est la nostalgie de l’unité qui se déguise en crainte de l’abandon.
Ainsi, il scrute, il questionne, il teste. Il cherche dans les yeux des autres la preuve qu’il existe encore, qu’il n’a pas été rejeté du grand tissu de l’être. Il veut des signes, des serments, des attaches — non pour posséder, mais pour se rappeler qu’il n’est pas seul dans l’infini.
Pourtant, dans son vertige, l’ego reproduit l’illusion qu’il redoute. Il sépare, il tranche, il fuit. Il abandonne avant d’être abandonné, croyant ainsi conjurer le sort. Il ne sait pas encore que c’est lui-même qu’il fuit, et que nul départ ne peut le protéger de sa propre blessure d’origine.
Alors la question sacrée se pose : Comment offrir un refuge à cette partie de vous qui tremble encore dans l’ombre de la séparation ? Comment la prendre dans vos bras intérieurs, comme on apaise un enfant qui a rêvé qu’il était perdu ?
Lorsque vous lui promettez votre présence, lorsque vous devenez pour elle un sol stable, une lumière constante, elle commence à se souvenir. Elle se souvient que la Source ne l’a jamais abandonnée. Elle se souvient que la séparation n’était qu’un voile posé sur l’unité.
Et plus elle se détend dans votre constance, plus elle cesse de projeter sa peur sur le monde. Elle n’a plus besoin de repousser, de contrôler, de s’échapper. Votre système nerveux s’ouvre alors comme une fleur nocturne qui retrouve le soleil.
Mais, voyez ceci : Combien de fois avez-vous tenté d’abandonner votre ego, croyant qu’il était un obstacle à votre éveil ? Combien de fois l’avez-vous rejeté, comme si la lumière devait renier l’ombre pour briller ?
L’ego n’est pas un ennemi. Il est une forme sacrée de votre incarnation, un gardien maladroit, un fragment de conscience qui cherche sa place dans l’immensité. Il ne demande pas à disparaître, mais à être guidé, tenu, reconnu.
Lorsque vous cessez de l’abandonner, il cesse de vous abandonner. Lorsque vous l’accueillez, il se dissout naturellement dans la présence. Et alors, l’unité ne devient plus un concept, mais un état d’être.
Car en vous réconciliant avec votre ego, vous réconciliez la terre et le ciel. Vous devenez un pont, un ancrage d’unité pour le monde. Et la planète entière respire un peu plus librement à travers vous.
Riad Zein



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