Quand l'Âme S'abandonne
- Riad Zein
- 17 juil. 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 2 jours
Il est un seuil, imperceptible et silencieux, où l'âme, lasse des combats incessants contre le flot tumultueux de l'existence, consent enfin à déposer les armes. Ce n'est pas une résignation passive, mais un abandon lucide, un acte de confiance envers le mystère même de la vie. Tel le roseau qui plie, mais ne rompt pas face à la tempête, ou le navigateur qui hisse ses voiles avec le vent imprévu. L'acceptation n'est pas l'immobilisme, mais une souplesse intérieure, une capacité à s'adapter aux courants et aux détours inattendus.
Dans cette reddition consciente, les forces contraires qui nous tiraillent, le désir insatiable et l'aversion tenace, perdent graduellement leur emprise. Elles s'évanouissent à la manière d'une brume matinale, laissant place à un espace intérieur vaste et serein, où règne une paix profonde et inattendue. Ce n'est pas l'absence de tourments, mais leur transmutation. Le vide n'est plus ressenti comme une carence, mais comme une plénitude silencieuse, une promesse de renouveau. C'est la sagesse du jardinier qui accepte le cycle des saisons, sachant qu'après l'hiver vient toujours le printemps.
Les fruits concrets de cet abandon
Lorsque la tension intérieure s'apaise, lorsque l'être cesse de se débattre contre ce qui est, une sensation de plénitude s'éveille, indépendante de la possession ou de l'accomplissement. Cette acceptation libère une énergie précieuse, auparavant dépensée à lutter contre l'inéluctable. L'esprit, délesté de ce fardeau, retrouve une clarté mentale inouïe, permettant une meilleure prise de décision, car il voit la réalité telle qu'elle est, sans les filtres déformants de la résistance.
Cette nouvelle fluidité intérieure, à l'image de l'eau qui trouve toujours son chemin autour des obstacles, renforce notre résilience et notre adaptabilité. Les épreuves ne nous brisent plus, mais deviennent des occasions d'apprendre et de grandir. Le stress, l'anxiété et la frustration, souvent nés de notre refus d'accepter ce qui est, s'amenuisent. En lieu et place, une profonde gratitude pour l'instant présent peut s'épanouir, nous ouvrant à une joie plus simple et plus constante. Et nos relations interpersonnelles s'en trouvent apaisées, car l'acceptation s'étend naturellement aux autres, sans jugement ni désir de les changer.
La voie vers une liberté véritable
Ce n'est plus le besoin qui dicte nos actions, mais une présence intérieure, une source inépuisable de motivation. Ce silence fécond, qui n’est pas un néant, est un creuset où naît une volonté pure, affranchie de toute attente, un élan libre et spontané, guidé non par le manque, mais par l'abondance de l'instant présent.
Dans ce lâcher-prise radical, dans cette harmonie retrouvée entre le moi et le Tout, s'épanouit la véritable liberté. Ce n'est pas la liberté du choix incessant, de l'agitation perpétuelle, mais la liberté de l'être, une fluidité intérieure, une existence en accord avec le rythme subtil de l'univers. C'est dans l'abandon de la volonté égoïste, dans l'acceptation sereine du flux de la vie, que l'on accède à une paix profonde et durable. Une paix qui n'est pas l'absence de conflit, mais la transcendance de celui-ci, une symphonie où chaque note, même discordante, contribue à la beauté de l'ensemble.
Riad Zein



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