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Victime ou acteur de sa vie ?

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

 

Les conflits font partie intégrante de la vie humaine. Qu’ils surviennent dans la sphère personnelle, professionnelle ou sociale, ils sont souvent perçus comme des expériences négatives, génératrices de stress, de colère ou de tristesse. Pourtant, au-delà de la tension qu’ils provoquent, les conflits constituent aussi des révélateurs puissants : ils mettent en lumière nos réactions, nos vulnérabilités, nos attentes, et parfois même nos schémas inconscients. Face à une situation conflictuelle, deux attitudes fondamentales s’offrent à nous : se poser en victime, ou chercher à apprendre quelque chose sur soi. Ce choix intérieur, bien que subtil, est déterminant. Il influence profondément la manière dont nous vivons l’événement et ce que nous en retirons. Sera-t-il une source de souffrance prolongée ou un levier d’évolution personnelle ? C’est là tout l’enjeu.

 

1. Se poser en victime : une stratégie de protection… à court terme

Cette posture peut sembler naturelle, surtout quand on se sent blessé ou maltraité. Se considérer comme victime permet :

  • De se protéger : en rejetant la faute sur l’autre, on évite de confronter des émotions difficiles comme la honte, la culpabilité ou la peur.

  • De rechercher du soutien : l’empathie des autres peut être réconfortante.

  • De conserver une image idéalisée de soi : "Je n’ai rien fait de mal", "C’est injuste", etc.

Mais cette approche a des effets secondaires :

  • Ressassement et immobilisme : l’attention reste centrée sur le tort subi, empêchant de tourner la page.

  • Renforcement de la rancune : plus on se raconte l’histoire de la blessure, plus elle s’ancre.

  • Perte de pouvoir : en remettant la responsabilité à l’extérieur, on abandonne sa capacité à agir sur la situation ou sur soi.

Être victime n’est pas une illusion — parfois, les injustices sont bien réelles. Mais se définir uniquement comme victime empêche d’en sortir.

 

2. Apprendre quelque chose sur soi : la voie de la responsabilité personnelle

Cette posture demande courage et lucidité. Elle ne consiste pas à se blâmer, mais à se regarder avec honnêteté :

  • Quel rôle ai-je joué, même minime ? Par exemple, ai-je mal communiqué ? Ou ai-je trop attendu sans exprimer mes besoins ? Ai-je laissé une frustration s’installer ?

  • Quelles émotions cela a-t-il réveillées en moi ? Tristesse, colère, peur, sentiment d’abandon… Ces émotions parlent souvent de blessures plus anciennes.

  • Quelles sont mes limites, mes besoins non respectés ? Cela permet de mieux se connaître.

  • Qu’est-ce que je peux changer ou renforcer en moi ? Cela peut être une meilleure assertivité, une communication plus claire, des limites plus affirmées, ou encore une gestion plus saine de l’émotion.

Cette démarche permet de transformer une épreuve en levier de croissance. Elle ne garantit pas que tout ira mieux avec l’autre, mais elle vous garantit une évolution personnelle.

 

Le point central : le pouvoir de choisir sa posture

Il ne s’agit pas de nier la souffrance. Mais on peut choisir ce qu’on en fait :

  • Soit on s’y enferme, en ruminant, en attendant réparation extérieure.

  • Soit on s’en sert, en acceptant l’inconfort comme matière à comprendre et à grandir.

Ce choix détermine si un conflit reste une blessure ouverte ou devient un tournant.

 

Conclusion

Chaque conflit peut être vu comme un miroir : il reflète non seulement les enjeux relationnels, mais aussi nos vulnérabilités, nos attentes, nos façons d’aimer ou de nous protéger.

En fin de compte, la question n’est pas seulement "Qui a eu tort ?", mais aussi :

"Qu’est-ce que cela m’apprend sur moi — et qu’est-ce que j’en fais ?"

C’est là que réside le véritable pouvoir personnel.

 


Riad Zein

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