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Au-delà du manque

21 juil.
3 min de lecture

 

Au cœur de notre être demeure une paix immuable, discrètement voilée par nos émotions, nos croyances et nos peurs, tandis que nous continuons souvent de la chercher à l'extérieur.

 

La vie est d'une grande simplicité. Elle s'exprime à travers des besoins naturels qui apparaissent au bon moment, trouvent leur réponse, puis s'effacent. La faim appelle la nourriture, la soif appelle l'eau, la fatigue invite au repos. Ces besoins ne sont ni un problème ni un manque : ils participent simplement au mouvement de la vie.

 

Au fil de notre histoire, pourtant, quelque chose se transforme. Nos blessures, nos peurs et les croyances construites autour de nos expériences viennent recouvrir cette simplicité. Peu à peu, un besoin ponctuel se transforme en sensation de manque. Nous ne répondons plus seulement à un besoin réel ; nous cherchons inconsciemment à combler un vide intérieur.

 

C'est ainsi que naît la quête.

 

Nous espérons trouver dans une relation, une réussite, une reconnaissance ou une possession ce qui nous permettra enfin de nous sentir complets. Chaque nouvel objectif semble promettre une paix durable. Pourtant, une fois atteint, il laisse souvent place à un nouveau désir, à une nouvelle attente, comme si quelque chose nous échappait toujours.

 

Bien souvent, cette insatisfaction ne provient pas uniquement des circonstances de la vie, mais aussi du regard que nous portons sur elles. Les récits que construit notre mental autour des émotions douloureuses entretiennent parfois l'idée qu'il nous manque quelque chose pour être pleinement nous-mêmes. La peur renforce ce sentiment d'incomplétude et pousse le mental à poursuivre sans relâche ce qu'il croit avoir perdu.

 

Alors nous avançons, persuadés que la paix se trouve un peu plus loin, un peu plus tard, dans de meilleures circonstances ou entre les mains d'une autre personne. Sans nous en rendre compte, nous pouvons passer une grande partie de notre existence à chercher ce qui n'a jamais cessé d'habiter notre être.

 

Lorsque nous cessons de croire chacune de nos pensées et que nous accueillons nos émotions sans nous y identifier, un espace de silence s'ouvre naturellement. Comme le ciel qui réapparaît lorsque les nuages se dissipent, une présence paisible, stable et profondément vivante se révèle derrière l'agitation du mental.

 

Cette présence ne lutte contre rien.

 

Elle n'a rien à prouver.

 

Elle ne dépend d'aucune approbation.

 

Elle ne cherche pas à devenir davantage, car elle est déjà entière.

 

En retrouvant cette présence, notre manière de vivre se transforme. Nous continuons d'aimer, de créer, d'agir et de réaliser des projets, mais nous ne le faisons plus pour combler un manque. Nos actions cessent d'être une tentative de réparation ; elles deviennent l'expression naturelle de la vie qui s'exprime à travers nous.

 

Peu à peu, la peur laisse place à la confiance. La recherche fait place à la reconnaissance. Le besoin de devenir s'efface devant la joie simple d'être.

 

Nous découvrons alors que notre véritable identité ne réside ni dans ce que nous possédons, ni dans ce que nous accomplissons, ni dans l'image que les autres nous renvoient. Elle demeure dans cette présence silencieuse qui nous accompagne depuis toujours, intacte derrière les voiles de nos conditionnements.

 

Il n'y a rien à conquérir, rien à mériter, rien à ajouter à ce que nous sommes déjà. Il s'agit simplement de reconnaître ce qui a toujours été là. La paix n'a jamais été absente ; seuls nos conditionnements en masquaient la perception.

 

Peut-être ce que nous cherchions depuis toujours n'attendait-il pas d'être trouvé, mais simplement reconnu.


Riad Zein

 

 

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