La nature et le rôle du corps
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Le corps physique est une expression de l’Amour, parfait en son essence. Ce qui semble imperfection vient du regard séparé qui l’interprète. Les limites attribuées au corps proviennent d’une perception fondée sur la séparation.
Le corps n’est pas un obstacle ni une prison, mais un lieu d’expérience et de présence. Il permet de vivre directement ce que l’on comprend en pensée, et de rencontrer la réalité comme expérience vécue plutôt que comme idée.
Par lui, l’existence devient concrète : voir, entendre, toucher, respirer, ressentir. Une connaissance purement mentale reste abstraite ; le corps l’ancre dans le vécu et révèle ce qui apparaît dans le contact avec l’instant.
Revenir au corps, c’est quitter le flux des projections mentales pour retrouver ce qui est réellement éprouvé. Respiration, sensations et perceptions deviennent des points d’ancrage. Il ne s’agit pas de fuir la pensée, mais de ne plus lui confier toute l’attention. Lorsque l’attention revient au ressenti, les interprétations se dissipent et une simplicité apparaît.
La libération ne consiste pas à se détacher du corps, mais à libérer la relation au corps de la peur, du jugement et de l’identification. Une sensation peut être accueillie avant d’être expliquée, une émotion ressentie avant d’être interprétée, une tension observée sans lui attribuer une histoire.
Passer de l’analyse au ressenti transforme l’expérience : au lieu d’alimenter les pensées autour d’une émotion, l’attention revient à ce qui est présent. Ressentir ne nie pas la réalité extérieure ; cela évite seulement de confondre l’expérience avec le récit mental qui s’y superpose.
Le mental cherche à comprendre et contrôler, mais ne peut embrasser toute la vie. Vouloir tout saisir avant d’accueillir ce qui arrive entretient la lutte. L’abandon au Divin reconnaît les limites du contrôle et laisse une place à l’imprévu. Accueillir ce qui se présente n’est ni passivité ni soumission, mais rencontre de la réalité avant d’y répondre.
La lutte intérieure épuise ; l’harmonie naît lorsque l’action cesse d’être guidée par la peur. La douceur devient une force qui n’a plus besoin de violence.
Ainsi, le corps est un lieu de retour à la présence. Il rappelle que la vie ne se trouve ni dans le passé ni dans le futur, mais dans l’expérience qui se déploie maintenant. Accueillir le corps, revenir au présent et renoncer au contrôle ouvre une relation plus simple à la vie, où la paix inhérente à l’Amour peut se révéler.
Riad Zein



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