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L’abondance au présent

29 août
3 min de lecture

 


 

Nous avons appris à chercher l’abondance quelque part devant nous : plus d’argent, plus d’amour, une meilleure santé ou une vie plus sereine. Sans nous en rendre compte, nous avons transformé le présent en salle d’attente. Le mental murmure : « Lorsque j’aurai cela, je serai heureux. Quand cette situation changera, je serai en paix. » Ainsi naît l’illusion du manque. Car chaque fois que nous plaçons notre bonheur dans un futur hypothétique, nous affirmons silencieusement que l’instant présent n’est pas suffisant.

 

Pourtant, l’abondance véritable n’est pas quelque chose que l’on obtient, mais une réalité que l’on reconnaît. Elle commence lorsque nous cessons de demander à l'instant de devenir autre chose que ce qu’il est.


Le piège de l’attente

  

Attendre, c’est vivre dans l’absence. L’esprit regarde ce qui n’est pas encore là et se détourne de ce qui est déjà présent. Il compare, projette, espère et calcule. Il imagine une vie meilleure en oubliant de rencontrer celle qui se trouve sous ses yeux.

 

Mais dès que les pensées se calment, la réalité réapparaît dans toute sa simplicité : vous respirez, vous êtes là, et la vie est déjà en mouvement. Il n’y a rien à fabriquer pour être présent. L’abondance commence précisément au moment où vous cessez de chercher ailleurs ce que votre présence vous offre déjà.

 

La neutralité : laisser la vie être

  

Le manque se nourrit de la résistance. Nous voulons certaines choses et en refusons d’autres ; nous retenons ce qui nous plaît et repoussons ce qui nous dérange. Nous collons constamment des étiquettes sur nos expériences : bien, mal, agréable, désagréable, réussite ou échec.

  

La neutralité offre une tout autre voie. Elle ne consiste pas à devenir froid ou indifférent, mais à regarder avant de juger, ressentir avant d’interpréter et laisser l’expérience exister sans lui imposer une histoire. Dans ce regard neutre, l’esprit se détend. L’énergie bloquée par la résistance recommence à circuler, et avec elle reviennent la créativité, les idées et la simplicité de l'action. L’abondance n’est alors plus une accumulation, mais une circulation.


Sortir de la position de victime

  

Tant que vous attendez que le monde change pour être en paix, votre tranquillité dépend des circonstances. Vous donnez votre pouvoir aux autres, à l’argent, au corps ou aux incertitudes du lendemain.

 

Reprendre son pouvoir ne signifie pas nier les difficultés, mais comprendre que la réalité et ce que nous en faisons intérieurement sont deux choses distinctes. Une situation peut être douloureuse sans que nous y ajoutions une guerre intérieure. La conscience n'a pas besoin de chercher un responsable ; elle observe la peur, l’attachement, le jugement et la résistance. Par cette simple observation, le nœud commence à se défaire. On ne demande plus au monde d'être différent pour se sentir apaisé : on retrouve la paix, puis on va à la rencontre du monde depuis cet espace préservé.


Lorsque le mental retrouve sa juste place

  

Le mental n’est pas l’ennemi. Il devient une source de souffrance uniquement lorsqu’il prend la place de la conscience. Il analyse, anticipe, reconstruit le passé et imagine l’avenir pour tenter d’assurer sa sécurité. Mais la vie n’est ni dans le passé qu’il ressasse, ni dans le futur qu’il projette. Elle est ici.

 

En observant vos pensées sans leur obéir aveuglément, un espace se crée. Vous découvrez alors que vous pouvez penser sans être prisonnier de votre esprit. Le mental retrouve sa véritable fonction d'outil, organiser, prévoir et construire quand c'est nécessaire, sans pour autant gouverner votre existence. Il redevient l'instrument de la conscience plutôt que son maître.


L’abondance commence ici


L’abondance véritable ne commence pas lorsque quelque chose arrive, mais au moment où l'on cesse de croire qu'un événement extérieur est nécessaire pour donner de la valeur à l'instant. Elle réside déjà dans votre capacité à respirer, ressentir, aimer, créer et simplement être conscient.

  

Dès lors, la nature même de vos actions change. Vous n’agissez plus pour combler un vide, mais depuis un espace plein qui n'a plus besoin de se sentir incomplet. C’est peut-être là le secret : ne plus attendre de la vie la permission d’être pleinement vivant.

  

Lorsque le présent n'est plus perçu comme insuffisant, il révèle sa richesse fondamentale : la plénitude de la présence et la liberté d’être. L’abondance n’est plus une destination, elle devient une manière d’habiter la vie.

 

Riad Zein



 

 
 
 

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