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La liberté de ne rien ajouter

  • 15 août
  • 2 min de lecture

 


1.      La vie est neutre.Ce qui arrive n’est, en soi, ni bon ni mauvais. Le jugement apparaît après.

 

2.      La souffrance vient du sens ajouté.L’événement brut est une chose ; « c’est injuste », « je ne devrais pas vivre ça », « cela signifie que je suis… » est une seconde couche. C’est cette couche qui transforme l’expérience en problème psychologique.

 

 

3.      Sans interprétation, il n’y a plus de problème.Il peut rester une sensation, un événement ou une circonstance, mais il n’existe plus de problème vécu comme problème. Le problème appartient à la pensée qui oppose « ce qui est » à « ce qui devrait être ».

 

4.      La réactivité est inconscience.Réagir, c’est laisser une impulsion produire automatiquement une pensée, une émotion ou une action. À cet instant, tu n’es pas dans l’observation : tu es identifié au mouvement.

 

5.      La neutralité est présence.Être présent signifie ne rien ajouter à ce qui est là. Ni condamnation, ni justification, ni anticipation, ni récit. Seulement l'expérience telle qu'elle apparaît.

 

6.      Le ressenti pur dissout ce qui faisait mal.Tant que tu racontes la sensation, tu la prolonges. Lorsque tu retires le commentaire et demeures avec la sensation elle-même, sans résistance, elle peut être pleinement ressentie puis disparaître. Ce qui semblait être « ma souffrance » redevient simplement une expérience qui apparaît et disparaît.

 

 

Et la conséquence la plus radicale est celle-ci :

 

Tu n'as pas besoin de changer immédiatement ce qui arrive pour être libre de ce qui arrive.

 

La liberté commence avant toute modification de la situation : au moment où tu cesses d'ajouter une interprétation à l'expérience.

 

Quelqu'un te rejette.Fait : il te rejette.« Je suis rejeté » → identité ajoutée.« Il n'aurait pas dû faire ça » → jugement ajouté.« Qu'est-ce que cela dit de moi ? » → récit ajouté.« Je vais lui montrer » → réactivité ajoutée.

 

Si tu retires tout cela, il reste seulement ce qui est.

 

Et si tu vas encore plus loin : même « je souffre » devient une interprétation. Il reste une sensation dans le corps, peut-être une contraction, une chaleur, une pression, des larmes. Tu n'as plus besoin de fabriquer quelqu'un qui souffre pour ressentir ce qui est présent.

 

C'est probablement le cœur de ton système :

 

Ne cherche pas à résoudre l'expérience. Retire ce que tu y ajoutes.

 

Et surtout, ne transforme pas cette pratique elle-même en nouvelle croyance mentale. Sinon « je dois être neutre », « je ne dois pas réagir », « je dois ressentir pur » deviennent à leur tour… du sens ajouté.


Riad Zein



 

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