top of page

Quand la peur n'est que l'Amour mal reconnu

  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

 


On nous a appris à voir la peur et l'Amour comme deux forces qui s'affrontent, l'une menaçant sans cesse l'autre. Toute notre éducation, nos histoires, nos réflexes intérieurs reposent sur cette opposition. On grandit en pensant qu'il faut choisir un camp, se protéger de la peur pour laisser place à l'Amour. Mais en y regardant de plus près, ce regard mérite d'être renversé.

 

La peur et l'ego naissent d'une pensée qui s'est crue séparée de l'Amour. Ils n'ont pas d'existence propre. Ce sont des illusions, des ombres projetées par un esprit qui a oublié d'où il vient. Un peu comme un rêve qui, le temps qu'il dure, paraît parfaitement réel, avec ses dangers, ses urgences, ses drames, alors qu'il ne repose sur rien de solide. Et tout ce qui découle de cette pensée séparée, le mensonge, l'angoisse, le doute, la colère, la comparaison, repose sur ce même vide. Ce sont des variations d'un seul et même malentendu.

 

En vérité, la peur n'est rien d'autre que l'Amour perçu à travers le filtre d'une conscience qui se croit coupée de lui. Elle n'est donc pas l'opposé de l'Amour, mais sa forme déformée, comme une lumière qui traverse un verre trouble et en ressort brisée, fragmentée, méconnaissable. On pourrait dire que la peur est un cri d'Amour qui ne se reconnaît plus lui-même. Même dans ses formes les plus dures, elle porte encore, quelque part, la trace de ce qu'elle a oublié.

 

L'ego, quant à lui, n'est qu'une construction de l'imagination. En se figurant une vie possible en dehors de l'Amour, l'esprit a fini par bâtir tout un monde fictif, fondé sur le manque et l'illusion. Ce monde a ses propres règles, sa logique de survie, ses histoires de mérite et de manque, ses comparaisons permanentes. Il semble cohérent de l'intérieur, presque convaincant, mais il ne tient que parce qu'on continue à y croire. Dès qu'on cesse de lui donner notre attention, il perd de sa consistance.

 

Cela change beaucoup de choses dans la pratique. Donner du crédit à la peur ou aux mécanismes de l'ego, c'est nourrir quelque chose qui n'a aucune consistance réelle, un peu comme entretenir une ombre en croyant qu'elle a un corps. Ce qui n'est pas né de l'Amour n'a, au fond, aucune réalité. Ce n'est pas nier ce que l'on ressent, mais reconnaître que ce ressenti n'a pas besoin d'être pris pour une vérité définitive.

 

Se souvenir de cela, c'est retrouver une vraie liberté intérieure. Celle de ne plus donner de poids à ce qui n'en a jamais eu, et de laisser l'Amour reprendre sa place, entière et sans ombre. Peu à peu, ce qui semblait solide s'allège, et ce qui paraissait menaçant se révèle n'avoir jamais eu de prise réelle sur nous.

 

Riad Zein



 

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page