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La pleine conscience - revenir à la présence

28 sept.
2 min de lecture

Nous vivons dans un monde qui sollicite sans cesse notre attention. Le regard se porte vers ce qui vient, l’esprit retourne vers ce qui a été, et, entre les deux, le présent nous échappe souvent. Nous sommes physiquement ici, mais une part de nous demeure ailleurs, retenue par un souvenir, une inquiétude, un désir ou une attente.


La pleine conscience invite à un mouvement simple : revenir.


Revenir à ce qui est là, maintenant. À la respiration. Aux sensations du corps. Aux sons qui nous entourent. À l’émotion qui traverse l’instant. Non pour contrôler ce qui apparaît, ni pour fabriquer un état intérieur particulier, mais pour rencontrer pleinement l’expérience telle qu’elle se présente.


Être présent, c’est cesser, pour un moment, de vouloir être ailleurs.


Observer sans juger, c’est découvrir que nos pensées ne sont pas nécessairement la réalité, mais des mouvements qui apparaissent en nous. Une pensée vient, demeure quelque temps, puis s’éloigne. Une émotion surgit, nous traverse et se transforme. Lorsque nous cessons de nous identifier à tout ce qui passe, un espace intérieur devient perceptible.


Accueillir l’expérience, c’est aussi faire une place à ce qui dérange. La paix ne consiste pas à ne plus ressentir de peur, de tristesse ou d’inconfort. Elle peut naître d’une autre relation à ces expériences : ne plus les combattre, ne plus chercher immédiatement à les fuir, mais les regarder avec suffisamment de présence pour leur permettre d’exister sans qu’elles prennent toute la place.


Dans cette perspective, le passé appartient au souvenir et l’avenir à l’anticipation. Ce que nous pouvons réellement rencontrer se trouve toujours ici, dans cet instant qui est déjà en train de passer.


La pleine conscience devient alors moins une technique qu’une manière d’habiter l’existence. Respirer en présence. Marcher en sentant le contact du pied avec le sol. Manger en goûtant véritablement ce qui est devant soi. Écouter une personne sans préparer intérieurement sa réponse. Regarder le monde sans chercher immédiatement à le nommer, à l'évaluer ou à le posséder.


Peu à peu, quelque chose peut changer dans notre manière d'être. Nous découvrons que nous n'avons pas besoin de suivre chaque pensée. Qu'une émotion peut être ressentie sans devenir une identité. Qu'une sensation inconfortable peut être accueillie sans devenir une lutte. Et que derrière le mouvement incessant de l'esprit peut parfois apparaître une forme de silence.


Ce silence n'est pas l'absence de pensées. Il est l'espace dans lequel les pensées peuvent apparaître et disparaître.


Être pleinement présent, ce n'est donc pas atteindre un état exceptionnel. C'est apprendre à recevoir ce qui est déjà là, avec moins de résistance et moins de fuite.


Le présent n'a pas besoin d'être différent pour être sacré. Il suffit peut-être, parfois, de cesser de passer à côté de lui.


Riad Zein



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