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Quand l’illusion perd sa force

2 oct.
2 min de lecture

Il arrive un moment où tout ce qui reposait sur l’illusion commence à perdre sa solidité. Les croyances, les rôles, les certitudes et les représentations auxquelles nous nous étions identifiés sont mis à l’épreuve. Ce qui était caché devient visible, non parce qu’une vérité extérieure viendrait soudainement révéler quelque chose, mais parce que notre regard devient moins disposé à croire aveuglément ce qu’il avait pris pour le réel.

 

L’illusion est un mensonge qui se perpétue. Elle devient réalité à nos yeux simplement parce qu’elle est répétée, entretenue et renforcée par nos croyances, nos habitudes et nos interprétations. À force d’être crue, une représentation finit par sembler vraie, jusqu’à ce que nous ne distinguions plus ce qui est de ce que nous avons appris à croire.

 

Dans cette traversée, la tentation est grande de réagir à tout : analyser, condamner, combattre, avoir peur, chercher des explications ou vouloir réparer immédiatement ce qui nous dérange. Pourtant, chaque réaction nous ramène dans le mouvement même que nous cherchons à dépasser.

 

L’enjeu n’est donc plus de lutter contre ce qui apparaît, mais de le regarder sans s’y perdre.

 

L’acceptation n’est pas la soumission. Elle ne consiste ni à approuver ni à renoncer à agir. Elle signifie simplement laisser être ce qui est là, suffisamment longtemps pour ne plus être gouverné par notre réaction à son égard. Observer sans ajouter de jugement. Ressentir sans devenir l’émotion. Voir sans fabriquer immédiatement une histoire autour de ce que l’on voit.

 

Alors quelque chose se simplifie.

 

Les expériences spirituelles extraordinaires, les vibrations, les états modifiés de conscience, les perceptions multidimensionnelles ou les concepts auxquels nous avons pu nous accrocher cessent progressivement d’être le centre de la recherche. Tout cela peut avoir sa place sur le chemin, mais rien de tout cela n’est la Vérité elle-même.

 

La Vérité n’a pas besoin d’être spectaculaire.

 

Elle est antérieure aux concepts, aux croyances, aux émotions et même à l’expérience que nous cherchons à obtenir. Elle ne se gagne pas. Elle ne se fabrique pas. Elle ne dépend d’aucune vibration particulière. Elle est ce qui demeure lorsque cesse le besoin de devenir autre chose que ce que nous sommes.

 

Et peut-être est-ce là que commence le véritable retournement : nous découvrons que ce que nous cherchions partout était déjà présent dans le silence de celui qui cherchait.

 

C’est pourquoi, lorsque l’extérieur paraît devenir plus complexe, le mouvement intérieur peut devenir exactement inverse.

 

Moins d’explications.Moins de lutte.Moins de jugement.Moins de projection.Plus de silence.Plus de présence.Plus de confiance dans ce qui est.

 

Le monde extérieur peut être traversé par le bruit, l’incertitude ou le bouleversement. Mais il n’est pas nécessaire que ce bruit devienne notre monde intérieur.

 

Plus cela se complique à l’extérieur, plus cela peut devenir simple à l’intérieur.

 

Et cette simplicité ne consiste pas à fuir le monde. Elle consiste à demeurer au cœur du monde sans lui abandonner notre paix, jusqu’à découvrir que la paix que nous cherchions à préserver n’était jamais réellement menacée.

 

Elle était déjà là, silencieuse, avant même que nous commencions à la chercher.

 

Riad Zein



 

 


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