La notion du temps et la peur
- Riad Zein
- 7 nov. 2025
- 3 min de lecture

Les mémoires sont des cordes invisibles qui t’attachent à un passé flou et modifiable selon tes sautes d’humeur. Un passé négatif peut devenir positif du jour au lendemain, simplement parce que tu auras changé d’avis sur certains principes.
Tu remarqueras que ton passé est directement lié à tes principes moraux, individuels et collectifs. Un événement observé sans la participation de tes émotions n’a que peu de sens pour toi, tout comme un principe moral dépourvu de jugement.
Ton passé est toujours arrangé selon tes choix moraux : tu te places tantôt en victime, tantôt en bourreau ou en sauveur. Tu accuses certains, tu en vantes d’autres, tu te vois en victime ou en coupable. Tu interprètes des événements comme s’ils annonçaient la venue de messies…
Sans ton interprétation, le passé n’a pas de sens, pour la simple raison que le temps linéaire est relatif à l’expérience dualiste. Tu mesures le temps en fonction de l’impression que te procurent les événements : lorsque tu es joyeux, le temps paraît court, et lorsqu’on t’ennuie, il te semble long.
Si tu t’extrais de tes émotions, le temps s’arrêtera et tu te retrouveras dans le présent. C’est à partir de ce moment que le sens de la vie réapparaît et que ton passé prend une autre signification.
La notion du bien et du mal n’existe pas dans le présent ; ainsi, quand tu observes le passé depuis cet espace, tu ne peux plus en être affecté.
Tu prends alors pleinement conscience qu’il s’agissait d’une expérience mentale, supposée, qui n’a jamais vraiment existé. Et qui ne peut avoir de conséquences que si l’esprit la maintient en vie par les émotions issues des idées de jugement.
En renonçant au jugement, les émotions se neutralisent et rejoignent le sentiment du présent. Le temps, avant toute chose, est l’effet d’un ressenti : ton esprit le construit à partir de tes émotions. Si tu ressens de la peur, ton esprit construira une logique de défense qui se déroulera selon un algorithme linéaire. Il restreindra le temps au minimum pour pouvoir le contrôler.
Lorsque tu vis sans peur, ton esprit construit un temps exponentiel, sans limites, puisqu’il n’y a plus de contraintes. Tu auras alors la liberté de te promener à loisir dans les dimensions. Le temps est un champ de conscience infini.
Toute contrainte est liée à la peur : elle réduit au minimum l’expérience et t’éloigne de la joie de vivre. Lorsque tu as peur, tu es forcément prisonnier d’un passé ; en libérant tes émotions, tu libères ton passé.
Ruminer le passé, c’est refuser d’accueillir la vie et s’enfermer dans une cellule, se coupant des autres et donnant un sens négatif à tout ce que l’on rencontre. Même un passé positif porte en lui un faux espoir, car sa nostalgie te coupe du présent.
Le passé n’est pas négatif en soi, mais il naît d’une pensée basée sur la peur ; cela le rend irréel et inconfortable, et l’adopter ne fait que perpétuer cette peur.
Un passé sans peur n’existe pas : dès que tu entres dans le présent, la peur disparaît et le passé perd le sens que tu lui attribuais. Lorsque tu t’identifies au héros d’une histoire quelconque, tu vis dans un passé. Le présent est l’identification au divin.
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